Ashes To Ashes (David Bowie)

tumblr_mskb53xlgS1qearaqo1_500

Axl Rose & David Bowie, image tirée du site Awesome people hanging out together

Ce poste fut initialement publié sur le site Toutelaculture.com le 30 avril 2013 comme critique de l’exposition ‘David Bowie is‘ qui venait de s’ouvrir au Victoria & Albert Museum de Londres. Je ne connaissais pas du tout David Bowie avant d’y mettre les pieds. Quelques semaines auparavant, j’avais joué à Dites-moi qui je suis, ce jeu de fin de soirée où vos amis vous collent le nom de quelqu’un sur le front et vous devez deviner qui est le personnage dont on vous a affublé. J’étais David Bowie, et j’avais séché comme une courge parce que je ne connaissais ni sa vie ni ses chansons. Honte à moi. Heureusement que le destin m’a rattrapée. J’ai mis les pieds dans l’expo ‘David Bowie is’ un mois plus tard, un vendredi soir après le boulot, la veille d’un départ en voyage. Autant dire que je comptais plier ça en une heure max. Mais j’ai été immédiatement saisie. En fait, je crois que de toutes les expos vues dans ma vie, c’est l’expo où je suis restée le plus longtemps. Trois heures d’immersion totale d’une intensité folle. Je suis tombée amoureuse du génie pas à pas. C’était la moindre des choses.

“Fin mars 2013 s’est ouverte au Victoria & Albert Museum – célèbre musée du design londonien – une rétrospective sans précédent retraçant presque 50 ans de carrière de l’une des figures majeures de la pop du XXe et XXIe siècle. Ultra-recherchée, sophistiquée et grandiloquente, à l’image de son sujet, l’exposition ‘David Bowie is’ réussit le pari de captiver les inconditionnels de la star autant que les néophytes, pouvant tenir lieu de véritable ‘David Bowie pour les Nuls’. D’ailleurs, le succès est sans appel: il n’est plus possible de réserver en ligne jusqu’à nouvel ordre, mais quelques billets sont en vente sur place chaque jour.

David Bowie, né David Jones à Londres en 1947, fait partie de ces rares artistes inclassables. En sillonnant la très dense exposition qui lui est consacrée (comptez deux heures minimum pour vous repaître de tous ses trésors), se dessine un arbre généalogique surréaliste des influences qu’il capta ou généra. David Bowie pourrait être le fils de Greta Garbo pour sa somptuosité plastique, froide et androgyne. Il cultiva d’ailleurs sa fascination esthétique pour les stars hollywoodiennes des années 40, comme sur la pochette de l’album Hunky Dory en 1971. Il pourrait être le frère de Kate Bush pour son côté burlesque, parfois teinté d’expressionnisme allemand, repoussant sans cesse les frontières de la performance. Enfin, strictement vestimentairement parlant, il pourrait être le grand-oncle de Lady Gaga, qui lui aurait piqué dès le plus jeune âge ses semelles compensées et autres improbables créations de designer.

Mais arrêtons là les comparaisons. Bowie a inspiré tout le monde, que ce soit dans le milieu de la musique, de la mode ou du design. Ses références sont tout aussi multiples, et l’exposition met en évidence de façon passionnante ses diverses sources d’inspiration artistique. Dadaïsme, cabaret, mime, expressionnisme allemand ou encore ‘Die Brücke’, autre mouvement d’origine allemande y figurent. De cette affinité particulière avec la culture du pays de Goethe émergea une période berlinoise particulièrement fructueuse à la fin des années 70. Sa Trilogie berlinoise (comprenant les albums Low, Heroes, et Lodger) naquit de collaborations avec Iggy Pop ou Brian Eno. Certaines peintures réalisées par Bowie à cette époque sont exposées, témoignant de sa lutte contre la drogue et le star system.

Les collaborations de Bowie avec des artistes de tout poil sont mises en avant, dont une émouvante vidéo de son unique rencontre avec Andy Warhol, en 1971. Warhol tient la caméra et Bowie, qui nous dit-on n’avait aucune envie d’être filmé, improvise une sorte de danse grotesque. Plus loin, parmi de nombreux costumes de scène qui façonnèrent sa légende, un manteau aux couleurs de l’Union Jack imaginé par Alexander McQueen nous apprend que c’est Bowie qui sollicita en 1997 le designer alors fraîchement diplômé, contribuant ainsi à sa renommée.

Et la musique dans tout ça? Elle est omniprésente, et c’est ce qui fait de l’exposition une véritable réussite. Une bande-sonore diffusée par audio-guide et particulièrement bien ficelée immerge le visiteur dans les tubes de l’artiste et accompagne une collection de supports visuels impressionnante: archives télé, vidéos informelles, extraits de concerts, clips, partitions, paroles de chanson manuscrites sur feuilles lignées d’écolier… Ces documents inédits sont particulièrement émouvants, car d’une écriture maladroite et enfantine s’étale sous nos yeux la genèse de chansons mythiques. Les croquis et autres notes de l’artiste éclairent également sa démarche, notamment ses réflexions sur la construction du personnage de Ziggy Stardust, son histoire, sa psychologie.

Les nombreux personnages scéniques de Bowie – ses ‘Persona’ – tels que Major Tom, Ziggy Stardust ou Aladdin Sane, sont décortiqués pour mieux mettre à jour le concept même de performances et de transformations inhérent à l’oeuvre de l’artiste. Sa modernité, son apport considérable dans la création d’images fortes et dans le jeu de genre n’en deviennent que plus frappants. Le savant mélange masculin-féminin et le vent de liberté sexuelle qu’il insuffla par son style sont des mines d’or pour les chercheurs en questions de genre.

Icône androgyne, incarnation de la bisexualité, la beauté et l’affirmation de soi de David Bowie n’en finissent pas de troubler. Certaines tenues des années 70-80 sont si extravagantes, si suggestives, qu’il est permis de se demander comment une telle audace serait reçue aujourd’hui de la part d’un artiste masculin. Bowie connaîtrait-il le même succès à notre époque en s’imposant avec la même liberté, la même impertinence? Et malgré le chemin qu’il a pavé, existe-t-il une place pour son héritier spirituel? Sur ce florilège d’images d’archives, Bowie n’en apparaît que plus singulier, plus unique, et sa postérité est assurée grâce à son talent et sa beauté folle.”

tumblr_lf3e62jLI21qbfoleo1_500

Keith Richards, Tina Turner & David Bowie par Bob Gruen, 1983

Ashes to Ashes, 1980

Advertisements

Allegory Of The Closet

IMG_6968IMG_6536IMG_5863IMG_5663IMG_6198IMG_5699 IMG_6895IMG_6981IMG_6787IMG_6657

I was away to the Homeland for some time, busy sponging waves of human drama but not forgetting about my own.

I was told that Mother Earth is currently shifting energies, transitioning from yin to yang (or the other way around) which explains the series of catastrophes, diseases and fights since the beginning of the year.

Don’t we all magnetically feel an impending change coming? There may be hope for better tomorrows.

I am initiating my deep changes as well. OK, I say that all the time. But right now, I swear it is different.

I am feeling at a similar stage of my life as back in the summer of 2009. When my nerves broke. I often think about that episode. It’s the period of time when I finally got the courage to bury and mourn for my heterosexuality. I had to endure a nervous breakdown to officially come out of the closet.

I fucked a boy for the last time in the Spring of that year, the week that I started my internship as a cultural journalist. I was 25. He was a tango teacher from Columbia wearing Hawaiian shirts. It ended in my blood. After that, I buried myself in work around the clock and became the shadow of myself. At least, I wasn’t thinking. My subconscious – or some mysterious spiritual forces – started manifesting, though.

A very visceral and deep structural change operated in my guts despite myself. I was harassed by homoerotic dreams after seeing Sunshine Cleaning, an American indie movie. There was this party scene where the so desirable Emily Blunt wears a candy necklace. A girl eats from her neck. Oh man. I remember the shiver in my body in the obscurity of the cinema. I wanted to be the girls on screen. All the gay people in the world have their cult homoerotic scenes, the ones that triggered their own desire. (Ask around, it’s a funny game). I have 3: the sweet derrière of Mylène Farmer in the clip of Pourvu qu’elles soient douces (I was 7)Cécile de France in L’Auberge espagnole (I was 19) and the inénarrable Emily Blunt.

I am grateful that my desire finally grew stronger than my will.

With all the messy changes in my core and my broken nerves in the background, I got close to a girl I was working with. She was more or less at the same stage of her lesbian life as me. We were talking more and more about our doubts and desires during our evening shifts at the sublime and posh concert hall Salle Pleyel. The night before I flew to Toronto for my American summer tour, I made her sleep over at mine after my leaving party where we all ended up in our underwear. Everyone left and I don’t know how I made her stay. Then, I made the first move. I clearly remember the moment when she opened my lips to kiss me. Something flowed in my brain. Her tongue swept away all the remnants of the heterosexual preconceptions that I had of myself. She uprooted my certitudes and moved them to Lesboland.

I left to the Americas in the morning with a 9 week adventure ahead of me. I needed to digest my new identity far away from my mother tongue.

That’s funny, I saw that girl again last week. We remained good friends. She’s getting married in July to her girlfriend and is hoping to be pregnant by the end of the year. She picked the same wedding dress as her fiancée without knowing. As for me, I fuck coke addicts in cars and explore the world on my own. Everything’s at the right place. Our intimate worlds only collided that one night, and it was great that way.

Six years have gone by and I am again on the verge of a nervous breakdown of a different kind. How many times do I have to collapse to reach my true colours? I’m feeling the urge of a new coming out, as strong as the sexual one. I want my deep identity to explode to the face of the world. I believe I am a closeted creative soul and I’m ashamed to say that I want my life to be about that.

There’s something taboo in the action of creating something, because the result only exists in the eye of whoever will watch and like you, and I hate begging for attention. I like being liked, but I don’t want to do anything at all to make people like me. It doesn’t interest me to chase love and recognition. If you like me, good for you, but if you don’t, I won’t try one bit to convince you.

This is how I am a closeted creative girl.

Every single one of my skin pores is sweating for change though, and I am close to implosion, as if my creativity needed to get laid by the right person. I can’t think of a better image. Sex & creation are pretty much the same struggle.

Anyway, everything changes all the time and my life constantly bounces like a kangaroo, but there is one element of steadiness. A recurrent question burns my thoughts till obsession.

Who’s going to love me body & soul? And above all, who’s going to love my brain?

Photos by me (check out that framing!)

1. Grave of Mme Troboa Murcella Asskari (1970-1994) at Père Lachaise cemetery in Paris 2. ‘Trying to be Frida’ by artist Emilio Lopez-Menchero 3. Altered Image I by Deborah Kass (copy of a picture of Andy Warhol dressed as a girl) 4. Evelyn, the cat I live with 5. Simona, a lady I met at the Bull Dog in Brighton. We had the same coat and the same earrings. 6. Anonymous street art in East London 7. Billie Holiday in 1948 photographed by William P. Gottlieb 8. Summer, a cat who lived at my house for a month but left today because she was mean to Evelyn 9. Transgender Miss in Latin America 10. Collection of Jesus statues at my neighbours’ who got them from a movie set they worked on